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Первая глава "Едаков картофеля" по-французски

Издательство "Галлимар", перевод Вероники Паттен
Пардонте за некоторые шифровые неточности, шрифта такого не нашлось. Просто как артефакт, значит. Следующий артефакт будет по-голландски, как раз сегодня договор подписал.


TOUT COMME LA-BAS

Tout commença par une exposition de tableaux de Van Gogh. On aurait dit qu’un virus avait été lâché sur la ville, la mettant sens dessus dessous.
Le musée Victor Novitchkov coulait une vie provinciale paisible. Régulièrement il organisait des expositions pour pionniers et retraités, éditant à cet effet des brochures qui n’étaient jamais distribuées et allaient s’entasser dans l’escalier de service, jaunies par l’ennui et la pénurie.
N’allez pourtant pas vous imaginer qu’on y crevait d’ennui. De l’extérieur, on pouvait même penser que les collections de Débarrassinsk vivaient une pleine renaissance. C’était d’ailleurs la vérité, surtout après qu’un millionnaire fou du nom de Novitchkov eut fait construire à ses propres frais un musée gigantesque, un ensemble hypermoderne, tout en verre et en béton, « tout comme là-bas », chez eux à l’Ouest.
Le millionnaire en question avait invité un architecte en vogue, acheté les équipements, investi des fonds pour l’entretien de l’ensemble jusqu’en 2050. Peu après, il s’était tiré une balle dans la tête. Chagrin d’amour ? Crapulerie de ses associés ? Son œuvre continua néanmoins de prospérer sur les berges de la rivière morte.
Bien entendu l’établissement suscitait des jalousies. Lorsqu’il fut possible d’exposer tout le fonds du musée, il apparut que Débarrassinsk possédait l’une des meilleures collections de l’art russe du début du siècle : Malevitch, Kandinski, Gontcharova, Larionov, personne ne manquait à l’appel, jusqu’à Klioun, Matiouchine, Klim Redko, Filonov, Fechine, Falk.
Les étrangers s’agitaient, se démenaient. Un éminent spécialiste de l’avant-garde russe vint même de Los Angeles. Clappant de la langue, il allait et venait devant les gouaches écaillées, prenait des photos avec un appareil sophistiqué, examinait le revers des toiles (il avait reçu une autorisation spéciale), déterminait leur provenance.
Consciente de la valeur de la collection, la directrice du musée, Nonna Vorochnina, réclama au gouverneur des moyens supplémentaires pour la surveillance des œuvres. Désormais un gardien était affecté à chaque salle.
Exactement comme à l’Ermitage. Ou au Louvre.
C’est ainsi que Lidia Albertovna se retrouva embauchée dans la culture.


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